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  • Aimer en 27,500 pulsations

    Aimer en 27,500 pulsations

    Maison abritant l’école et la compagnie de danse Viviane Gauthier( aujourd’hui territoire abandonnĂ©)

    ‘’La ville appartient aux pyromanes.

    Ils dansent sur les cendres.

    Ils nous ont volé nos souvenirs,

    Et la fumée habite nos pires cauchemars.

    J’ai touchĂ© ces murs noircis,

    et les fantĂŽmes des beaux jours

    ont esquissĂ© un “danse ploge”

     Chaque bloc raconte une histoire.

    J’y ai parlĂ© les miens,dans chaque crevasse.

    J’ai citĂ© leurs noms.

    Pour ne pas oublier

    Pour qu’eux aussi n’oublient pas’’

    Lorsque j’ai Ă©crit ces lignes pour la premiĂšre fois, une parente venait tout juste de perdre la maison de son enfance. Cette maison Ă©tait un lieu de mĂ©moire, de retrouvailles. Un repĂšre effacĂ©. Dans les mĂȘmes heures, une amie trĂšs proche, vivant dans la mĂȘme zone, Ă©tait en fuite, contrainte de tout laisser derriĂšre elle pour sauver sa vie. Et moi, Ă  des milliers de kilomĂštres, dans ce que l’on appelle « l’ailleurs », je regardais impuissant d’autres fragments de mes souvenirs partir en fumĂ©e

    Depuis que je vis hors d’HaĂŻti, j’ai peur des appels venant du pays. J’ai dĂ©veloppĂ© cette habitude Ă©trange de laisser les notifications en sourdine, comme si cela allait retarder le moment oĂč une mauvaise nouvelle me parviendrait. Chaque appel est un pari : ce peut ĂȘtre un mot d’encouragement, une photo de ces amitiĂ©s qui rĂ©sistent par la force des choses, ou un “ou pa tande sa ki rive “.

    Je suis bizarrement restĂ© membre d’un groupe WhatsApp qui partage des nouvelles du pays. Je dis « bizarrement » car parfois, je me sens trop loin pour participer vraiment. Trop impuissant pour agir. Et pourtant, je reste, parce qu’y ĂȘtre, c’est aussi une maniĂšre de dire que je n’oublie pas. Que je tiens. Que je garde ce lien fragile avec ce pays qui m’habite entiĂšrement.

    Je suis reconnaissant Ă  l’univers de m’avoir offert la possibilitĂ© de construire un ailleurs a moi, oĂč la vie me semble moins fragile. Mais cette chance n’efface pas la douleur. Elle ne me protĂšge pas du sentiment de deuil constant chaque fois qu’HaĂŻti est mentionnĂ©e.

    Je me revois encore, quelques annĂ©es aprĂšs le tremblement de terre de 2010, me promenant au centre-ville dans des rues que j’avais connues qui Ă©taient dĂ©sormais colonisĂ©es par des tentes d’infortune ou par des abris qui se transformaient en bateau ivre dĂšs qu’il pleuvait. Les dĂ©combres avaient Ă©tĂ© dĂ©placĂ©s, mais le vide restait immense. Et je me forçais Ă  me souvenir des maisons et des gens.

    Je n’écris pas pour me consoler, j’accepte l’idĂ©e que ce deuil va habiter mes marges. J’écris pour tĂ©moigner et laisser mes mots parler pour nous tous. Pour que l’absence ne se mue pas en oubli. Parce que ce ne sera jamais un pays lointain, aux nouvelles tragiques, parce qu’Ayiti, ce ne sera jamais seulement 27 750 kmÂČ de chaos, comme on le martĂšle trop souvent dans les mĂ©dias. Ayiti, c’est la premiĂšre rĂ©volution victorieuse d’esclavagisĂ©.e.s contre l’une des plus puissantes armĂ©es coloniales de l’époque. C’est la voix des hommes et des femmes, nombreux, courageux, qui ont combattu aux premiers rangs, dĂ©fiant les normes d’un monde qui ne voulait pas leur accorder le droit d’exister.Ayiti ce sont des milliers de voix anonymes qui crient en unissons : “Nou (fout)bouke!

    Aimer HaĂŻti, aimer ceux qui y vivent, aimer Port-au-Prince particuliĂšrement, c’est vivre avec une forme de tension permanente. C’est vivre avec l’idĂ©e qu’un jour, il faudra raconter l’absence. Il faudra mettre des mots sur ces espaces qui n’existent plus, des familles dispersĂ©es, des souvenirs en cendre.

  • Territoires abandonnĂ©s

    Territoires abandonnés

    I recently went on a work trip to what are often referred to as territoires perdus — lost territories. We tend to imagine these zones of non-rights as deserts, lifeless places where no rule or structure remains.

    I had been looking forward to this trip since it was first announced. Not only because your boy had been stuck in the capital for way too long, but also out of curiosity — I wanted to see what it felt like to cross these so-called abandoned zones.

    Once everything was confirmed, I fell into my usual spiral of what ifs — probably the reason why no one in my family knew I was leaving town. So on a Saturday morning, a friend of mine who was traveling to France and I left for Ouanaminthe, a city near the Dominican border. The journey was at least six hours long, and we had no idea what to expect.

    As the bus pulled out of Port-au-Prince, a man stood up and introduced himself as some kind of public relations rep for the bus company. He didn’t waste time. He made it clear: we were entering a lawless area where phones and other traceable electronics were not allowed. His exact words were chilling:

    “If spotted, the bus could be stopped, and the person would be invited to continue their activities with the technicians.”

    I gasped. What had I gotten myself into?

    My friend and I held hands briefly, then laughed nervously at some corny joke he cracked. Eventually, he admitted he was a merchant — something very common on public transport in Haiti. Still, his presence made it hard to keep an eye on the road or see if any so-called “technicians” were pointing anything suspicious at the bus. At a certain point, I stopped listening.

    As I write this, my heart is racing. A neighborhood not too far from mine has surrendered. People are fleeing in every direction without any clear destination. I’m torn — do I stay and fight for what’s mine, or do I leave behind everything like so many others? I know I must sound materialistic to people who don’t know me, but this house — it’s my most prized possession. My mom built it from the ground up. After she passed, I inherited it and slowly turned it into my nest.

    I had to stop writing for a few hours between starting and finishing this post. Armed gangs invaded a nearby area, and I watched people — families, elders, children — running with whatever they could carry in small bags. I grew up between Delmas 19/29 and Delmas 33. I never thought I’d witness this level of chaos, fear, and displacement.

    If you’re familiar with TransbĂČde, you can probably imagine the intensity of my trip from Port-au-Prince to ElĂ­as Piña, and then onward to Santo Domingo.

    Today, the future feels like a flickering candle for those still living in Port-au-Prince and for Haitian migrants around the globe. Every decision feels like a gamble — stay or go, speak or stay silent, hope or brace for loss. For many, survival no longer looks like living, but simply holding on. And for those who’ve fled, displacement comes with its own scars — the guilt of leaving, the ache of memory, the fear that home, as they knew it, might never exist again. We move forward, unsure of the road ahead, but hoping that somehow, somewhere, safety and dignity will meet us halfway.

    P.S. I’ve just learned that Mirebalais, a city I passed through twice, was attacked by armed groups in early April 2025. The assault caused panic, with the University Hospital being targeted and several people injured. Tragically, two nuns were killed in the violence. The road I once traveled is now impassable, highlighting the growing insecurity in the region.

  • 48 livres:une aventure sans fin dans l’incertitude

    48 livres ! VoilĂ  ce que pesait ma vie dans un bagage Ă  destination de Miami. Je n’Ă©tais pas un HaĂŻtien en vacances, emportant des cadeaux pour ses proches. Non, j’emportais avec moi des livres de cuisine, mon occupation principale, ma camĂ©ra, et quelques vĂȘtements. Mais surtout, je transportais ma fatigue, ma confusion, ma tristesse liĂ©e Ă  un deuil, et par-dessus tout, l’incertitude de ce qui m’attendait aux États-Unis.

    Ma premiĂšre semaine demeure floue : abus d’alcool, entre autres, pour affronter les funĂ©railles de la matriarche de notre famille. Cette tante, qui avait pris le relais pendant un certain temps, Ă©tait surtout la meilleure amie de feu mon grand-pĂšre, que j’avais appris Ă  connaĂźtre et Ă  aimer Ă  travers elle et ses souvenirs dont je m’Ă©tais appropriĂ©. Je devais lire en public, mettre de cĂŽtĂ© mon chagrin et jouer mon rĂŽle. J’y suis parvenu, entourĂ© de mes cousins et cousines, et je remercie l’Univers pour tout cet amour, plus grand que nos diffĂ©rences.

    Ma deuxiĂšme semaine se dĂ©roule entre paperasse et formalitĂ©s administratives. Il me faut absolument un tĂ©lĂ©phone, et je dĂ©couvre MINT Mobile, la seule compagnie dont je peux me permettre les services Ă  distance. Entre-temps, je remplis d’innombrables formulaires de recherche d’emploi, peu importe lequel, pourvu que j’en trouve un. ParallĂšlement, je me familiarise avec la plateforme d’immigration, dĂ©terminĂ© Ă  dĂ©poser une demande d’asile, car HaĂŻti devient de plus en plus invivable et hostile. Les traumatismes liĂ©s Ă  la disparition successive de personnes que j’aime me hantent. J’Ă©cris mes dĂ©clarations, que Chat GPT rĂ©vise, l’anglais n’Ă©tant pas ma langue maternelle, « mwen pap al monte mal sou li. »

    Semaine trois : J’ai la certitude que les avocats vont me rendre fou. Les traducteurs aussi ! J’essaie de garder patience, me familiarise avec la zone, et je peux enfin faire les longues marches qui me manquaient en HaĂŻti. J’explore Margate, connaissant la communautĂ© par les aboiements et m’habituant aux horaires des habitants. Je sais Ă©viter les bavards et leurs questions incessantes sur HaĂŻti, car ce pays, tu le portes dans les moindres recoins de ton ĂȘtre. Je le porte dans mon accent et dans les musiques que je fredonne pendant la marche. Je refuse de parler encore et encore du prĂ©sident assassinĂ©, de la situation chaotique au pays, des amis qui partent par vol direct grĂące Ă  Papounet Biden, ou ceux qui ont le courage de prendre la route Ă  pied vers le Mexique. Je pense sĂ©rieusement Ă  changer mon horaire de marche.

    Semaine quatre : Je commence Ă  acheter des vĂȘtements pour le froid, mettant le cap sur le New Jersey oĂč, en principe, ma bonne amie et moi repartirons sur de nouvelles bases. À quelques jours de mon dĂ©part, les plans capotent, l’appartement n’est pas disponible, mais je viens quand mĂȘme. J’aurai le temps de m’adapter sur place. Je dĂ©couvre Hamburg, le faux froid dont il faut se mĂ©fier. Il y a J., notre beau voisin sur qui j’avais un faible, et maintenant son ex qui revient dans sa vie. Entre les fous rires avec M et Z et les rencontres virtuelles avec des avocats, je souffle un peu et commence Ă  penser au Canada. Je m’efforce de comprendre cette communautĂ©, qui n’est pas du tout adaptĂ©e Ă  mes aventures pĂ©destres. Je dĂ©couvre l’UniversitĂ© de Newton, ses programmes qui m’intĂ©ressent, et son grand lac oĂč je vais pleurer en silence. Je connais les murs, les ascenseurs et les faux sourires. Je sais aussi ce que cela signifie de parler crĂ©ole dans ce coin perdu : les gens te sourient jusqu’aux yeux, car avec toi, tu apportes un peu de soleil du pays. Newton est une ville avec des trottoirs et un passage piĂ©ton, et je me dis que ce ne serait pas mal d’y vivre. Encore les avocats et les traducteurs ! Ça fonctionne mieux, mon traducteur est excellent, pour la modique somme de 27 $ la page. Je n’ai que 12 petites pages Ă  traduire, mais j’en prends plein la tĂȘte. Entre-temps, j’ai un parent malade en HaĂŻti, et ceux qui ont dĂ©jĂ  gĂ©rĂ© des situations difficiles Ă  distance comprendront ce que j’ai vĂ©cu entre le stress de mon parcours ici et les envois incessants d’argent, le stress d’un possible code bleu, j’en avais plein la tĂȘte.

    Semaine 5 :

    Dimanche 29 octobre. Hier, une dispute a Ă©clatĂ©. J’ai mis l’essentiel de ma garde-robe et des choses que j’estimais importantes dans mes sacs, et je pars vers Newark. Il pleut des cordes, et je me dis que le temps dit tout haut ce qui se passe dans mon cƓur. Nous nous quittons Ă  la station de train, et je commence Ă  trimbaler mes affaires. Il vente et il fait froid sur les quais de Penn Station. Je dois rejoindre des cousins Ă  Long Island le temps que je sache quoi faire. Je manque de m’Ă©vanouir plusieurs fois, je suis Ă©puisĂ© mentalement, et je m’autorise enfin une pause dĂ©jeuner. Je dĂ©vore cette salade CĂ©sar avec la rage des affamĂ©s, je dois reprendre des forces et me guider dans la Purple Line. Je monte en dernier avec mes bagages et j’arrive finalement sous une pluie cinglante Ă  destination. Nous Ă©vitons de parler, mes cousins et moi, et je fais la connaissance des chiens. Cody, le gros bruyant, me fait peur au dĂ©but, mais il se rĂ©vĂšle ĂȘtre une grosse boule de joie une fois que nous avons fait connaissance. Je dĂ©couvre aussi Central Islip et sa vie tranquille. C’est le jour des morts, et je prends le train pour le cimetiĂšre. Je veux aller fleurir la tombe de mon ami Pascal, lui parler, lui exprimer ma colĂšre et ma dĂ©ception. Je veux aussi lui reprocher de m’avoir laissĂ© en plan en cours de route. Je pars dĂ©terminĂ© et me laisse guider par le GPS. Finalement, j’arrive, et comble de malheur, mon tĂ©lĂ©phone s’Ă©teint. J’en ris Ă  en pleurer, et le personnel du cimetiĂšre m’indique volontiers un point de recharge. Du coup, je peux appeler mon Uber et rentrer chez mes cousins. Je reviens du cimetiĂšre serein. J’ai fleuri la tombe et y ai laissĂ© un souvenir. C’est mon premier geste impulsif depuis les cinq semaines que je suis lĂ . Je reçois l’appel qui change toutes mes intentions : un nouveau poste en HaĂŻti avec la possibilitĂ© de travailler en hybride. Je joue les difficiles et j’accepte finalement ! Je me fais une gĂąterie avec un nouvel objectif et dĂ©cide de partir vers « The City » voir des amis, des parents, mais surtout ĂȘtre un touriste adulte Ă  New York qui fait ce que bon lui semble.

    Semaine 6 :

    New York est comme dans mes souvenirs : foule hĂ©tĂ©roclite, la fumĂ©e des cigarettes, et cette odeur caractĂ©ristique qu’a la ville. Je me lance dans un pĂšlerinage musĂ©es et Ă©glises, ce sont mes derniers jours dans la Grosse Pomme, et je rĂ©alise mon rĂȘve d’enfant ayant grandi avec des adultes qui ne le comprenaient pas.

    Semaine 7 :

    8 novembre 2023 : La Perle La Perle, avec toutes mes appréhensions et la certitude que ce chapitre sera plus excitant que les autres.

  • 32

     Lorsque j’aurai Ă©crit ce post j’aurai Ă  peu prĂšs 11 680 jours sur terre des centaines de personnes qui m’aiment et que j’aime en retour plus ou moins la mĂȘme quantitĂ© a ne pas m’aimer et des milliers qui pensent me connaitre Ă  travers les bribes de paroles qu’iels auraient saisies entre deux conversations ou en lisant entre les lignes de mes publications sur les rĂ©seaux sociaux. OUI j’ai bien 32 ans, laj mwen janbe kalandriye j’ai l’ñge de raison, deux annĂ©es d’expĂ©rience au poste de parent, j’ai le boulot que j’aime et des collĂšgues formidables et je peux dire que je suis financiĂšrement plus prĂšs de mes objectifs que je ne l’étais avant.

         J’ai aussi ma relation avec la dĂ©pression et l’anxiĂ©tĂ© sans oublier tous les mĂ©docs qui me gardent en bonne santĂ© mentale. J’ai vĂ©cu plus d’annĂ©es que ma mĂšre biologique, j’ai dĂ» dire au-revoir Ă  plusieurs personnes que j’ai aimĂ©es en 2021 dans certains cas la situation socio-politique m’a empĂȘchĂ© de vivre mon deuil dans les conditions que j’aurais voulu et j’ai aussi ma tristesse que je sais si bien cacher derriĂšre les sourires.

       J’ai 32 ans et je suis plein d’espoir n’en dĂ©plaise Ă  la situation chaotique que nous traversons tous ces jours-ci en HaĂŻti : oui j’ai foi en l’humanitĂ©, j’ai foi que nous les descendants des Marrons Libertaires nous nous indignerons contre le chaos, contre la toute-puissance des politiques, contre la faim et l’insĂ©curitĂ©. J’ai foi que je pourrai prendre la route nationale #2 et partir reconquĂ©rir Jacmel, la ville de mon cƓur, que je pourrai rouler Ă  moto des Cayes a Camp-Perrin pour respirer le vĂ©tiver ou pour encore une fois m’émerveiller devant la beautĂ© de Saut Mathurine. Oui j’ai foi que je prendrai la route vers JĂ©rĂ©mie la ville de mes ancĂȘtres et que je marcherai sur les pas des grandes femmes et des grands hommes qui ont Ă©crit la belle histoire de ma famille, j’ai foi que je visiterai notre Demanbre et que les gardiens de la Bitasyon accueilleront mes libations.

      J’ai 32 ans et j’espĂšre ne pas faire le grand saut de la demande d’asile et grossir les rangs de ces cerveaux en fuite. J’ai la foi que je ne serai pas un autre homme noir dans plus dans un systĂšme conçu et instaurĂ© pour l’émancipation des hommes caucasien, hĂ©tĂ©rosexuel.

      J’ai foi aussi qu’un jour mon travail de militant de droits humains perdra son sens parce que je serai dans une sociĂ©tĂ© haĂŻtienne ou toutes les catĂ©gories de personnes seront valablement reprĂ©sentes autour de la table  et que nous aurons notre mot a dire.

    J’ai foi en plein de choses tout compte fait. En attendant je lĂšve mon verre au 32 eme tour autour du soleil et a celleux qui comme moi rĂȘve d’un monde meilleur.

    Sante !!!

  • !! TOXIC !!

    Je me suis mis Ă  un nouveau rĂ©gime si on peut appeler ça un rĂ©gime : j’ai remplacĂ© l’alcool et les cigarettes par l’eau et les jus de fruits. Le mĂ©decin Ă©tait trĂšs clair : choisir de vivre longtemps ou choisir de vivre intensĂ©ment vous vous doutez bien que j’ai choisi la durĂ©e  est encore tĂŽt et je vais vĂ©rifier en ligne des recettes de croquettes de « lam veritab » parce que le bon docteur il a dit d’essayer de perdre du poids mais pas de renoncer aux bonnes petites choses de la vie, comme le cafĂ© par exemple ou les croquettes de lam dans ce cas bien prĂ©cis.

    Est-ce que vous vous ĂȘtes dĂ©jĂ  demande durant un de vos exercices d’introspection si vous n’étiez pas le problĂšme ? Et oui ! Souvent nous sommes le problĂšme et il nous est difficile voire impossible de l’admettre. Il y a cette chanson de Dalida « Pour ne pas vivre seul Â» qui dĂ©crit la situation de beaucoup de gens dont moi. Et je dois avouer que rĂ©aliser que j’étais mon problĂšme m’a pendant quelques semaines mis sur le banc de touche. Je vais bien, je vais mieux parce que dans ce billet ou je serai le plus sincĂšre que possible il y a des choses qui vous arrive dans la vie qui font que votre subconscient vous dicte toutes sortes de scenarios les uns les plus exĂ©crables que les autres. J’ai la bĂ©nĂ©diction d’avoir un support system en or massif ( mwen pa site non nou men nou tout konen tĂšt nou timoun  <3)

    Trop de digressions (nĂ©cessaires quand mĂȘme )
je disais que dans un effort d’introspection sincĂšre nous devons accepter de questionner notre place au sein de la spirale de problĂšmes Ă  laquelle nous sommes confrontĂ©s.

    Est-ce que je n’ai pas dĂ©libĂ©rĂ©ment fait tel ou tel choix en sachant pertinemment que je mĂ©ritais mieux ? Est-ce que je ne savais pas qu’accepter x ou y Ă©tait un compromis qui mettait ma paix d’esprit en danger ?

    Oui je sais et je comprends que ce sont des questions qui dérangent et qui font mal mais qui sont tellement importantes si nous voulons continuer ou si nous décidons de vivre dans la lumiÚre.

    On peut bien faire semblant que tout va bien mais comment se regarder dans un miroir quand on sait que la nuit on ne dort pas parce qu’on entretient des rapports toxiques avec son entourage ?Il n’y a pas que les relations amoureuses qui soient toxiques, ces amis qui prennent contact avec nous le weekend seulement  ou  ce parent qui nous saoule avec son long questionnaire et ses remarques sur notre poids ou notre mariage est aussi toxique mais attendez j’ai gardĂ© le meilleur pour la fin : je me suis aussi toxique en faisant des choses pour avoir l’approbation et l’admiration de mes pairs ou tout simplement parce que je n’ai pas dit non lorsqu’il le fallait et voilĂ  que je me retrouve coince dans une situation pas du tout agrĂ©able.

    Pour ĂȘtre passe par lĂ  moi aussi je sais que je vous demande beaucoup et que chacun ira Ă  son rythme. Aujourd’hui doit ĂȘtre le premier jour de votre nouvelle vie,penez le temps qu’il faudra pour faire la liste de choses que vous estimez ĂȘtre toxique dans votre vie. Personne ne verra la liste et vous pourrez la faire disparaitre aprĂšs si vous voulez. Votre liste faite, affirmez haut et fort (il faudra y mettre la foi aussi) : « Aujourd’hui moi X,je romps tous les liens qui m’unissent aux relations toxiques avec moi et les autres. Je vais apprendre Ă  mieux prendre soin de moi afin de devenir un meilleur ĂȘtre humain. Â»

    PS : Buvez votre eau, prenez des bains de soleil
Bon je vous laisse je viens de repĂ©rer des cristaux que j’aime et le cardio ne va pas se faire tout seul

  • Pause pub!

    ❀

    On se dit qu’on retiendra les leçons que la vie nous a donne et nous faisons souvent les mĂȘmes erreurs. Durant un de mes exercices irrĂ©gulier d’introspection je me suis retrouve face Ă  ce Gio qui avait besoin qu’on l’écoute mais qui dans un excĂšs de paresse s’est tu jusqu’à faire des petits dĂ©gĂąts rien de bien grave mais dans mes nouvelles pratiques de bonne santĂ© mentale je m’étais promis de toujours parler pour Ă©viter le trop plein d’émotions.

      Fin 2018, j’ai pris des dĂ©cisions importantes dont les consĂ©quences seraient tout aussi importantes sur mon futur, j’ai Ă©crit un livre et je vous le dit Ă©crire un livre c’est un peu comme donner naissance ( je demande dĂ©jĂ  pardon a toutes les femmes qui penseront que je minimise leur travail colossal) mais oui envoyer son manuscrit a des Ă©diteurs que tu ne connais pas forcement c’est un peu comme le premier jour de maternel : comme parent tu es heureux que ton enfant commence une Ă©tape importante de sa vie mais tu te dis aussi que cet enfant chĂ©ri sera sous la responsabilitĂ© de personnes qui n’ont pas la mĂȘme approche pĂ©dagogique que toi. Bonjour les cauchemars et les petites crises de panique. Et bien Ă©crire un livre et ĂȘtre publie c’est Ă  peu prĂšs la mĂȘme chose, le mail te disant que ton manuscrit est prĂȘt et les Ă©changes Ă©diteur/auteur te donnent du stress. Correction finale, dĂ©dicace ou pas dĂ©dicace, couverture colorĂ©e ou sobre bref tout le blabla lĂ  m’a un petit peu saoulĂ©   et aussi fier que je sois de mon exploit je dois avouer que je suis mentalement fatigue au point que ma production artistique en est affectee.

    J’ai aussi dĂ» dire au revoir Ă  un proche et par respect pour ses derniĂšres volontĂ©s j’ai fait mon deuil en famille. Tu as beau ĂȘtre prĂȘt Ă  dire au revoir a quelqu’un quand arrive le moment fatidique tout ton ĂȘtre se dĂ©chire puisqu’en mĂȘme temps votre histoire commune s’en va avec celui ou celle qui part. Mon cousin a vĂ©cu son cancer dans le plus grand secret et il n’a pas cessĂ© jusqu’au grand saut d’ĂȘtre cette personne magnifique, si vivante et tellement courageux que j’ai connu. Notre Ă©cart gĂ©nĂ©rationnel n’a pas empĂȘchĂ© que lui et moi soyons de trĂšs bons amis et je remercie la vie que tous les souvenirs que je garde de lui soient de trĂšs beaux exemples qui feront que j’aime la vie un peu plus chaque jour.

    J’entre dans une nouvelle phase de ma vie et je voudrais reprendre un des nombreux conseils que je donne et que je continuerai Ă  donner : il est important de prendre du temps pour soi, de prendre soin de l’ĂȘtre spirituel que nous sommes, de remercier l’Univers (Dieu ou ce en quoi on croit) et encore prendre du temps pour soi.

    Je conclus ce texte impromptu par une dĂ©claration : Je reconnais que je suis humain et que je fais des erreurs, mes erreurs ne doivent pas me servir de punition. Je reconnais mes erreurs et je les rĂ©pare du mieux que je peux et je retiens toutes les leçons que j’aurais apprises de ces expĂ©riences.

    PS : Ne soyez pas si dur avec vous-mĂȘme, on a tous besoin d’une pause un jour ou l’autre. Je vous poste un extrait du livre parce que vous ĂȘtes si bons envers moi et si vous n’ĂȘtes pas en HaĂŻti mon livre est disponible en PDF ou format papier via le lien suivant : https://www.edilivre.com/nos-verbes-paralleles-gio-casimir.html/

  • De ma cuisine Ă  la votre

    Fettucine #2
    Fettucine # 1

    Nous sommes le deuxiĂšme dimanche de l’Avent,la pĂ©riode de prĂ©paration de la venue du Seigneur dans la liturgie catholique.Lorsque j’étais encore un catholique pratiquant je me rappelle que le prĂȘtre  insistait sur l’importance du partage durant cette pĂ©riode. Je suis d’une gĂ©nĂ©rositĂ© naturelle et je rançonnais  les poches de mes parents (oui pour une fois le paternel ne faisait pas son radin) pour contribuer Ă  la collecte annuelle de Noel en faveur des plus nĂ©cessiteux.

    Cela fera trois ans que je boycotte Noel, l’an dernier un de mes amis m’a offert des guirlandes lumineuses, cette annĂ©e j’ai reçu des boules et j’ai mĂȘme sorti la crĂšche en terre cuite de ma mĂšre.Je ne sais pas encore si je vais me dĂ©cider Ă  faire toute la mise en scĂšne traditionnelle :les fĂȘtes de fin d’annĂ©es me rappellent trop la grande absence de celle qui prenait un plaisir presqu’ enfantin Ă  dĂ©corer la maison. Je me suis dit que j’allais chercher une alternative Ă  tout ça et selon mes cogitations il y a plus de chances que je refasse mon jardin de plantes Ă  thĂ© qu’autre chose mais bon la crĂšche ferait un effet trĂšs tendance au milieu de mes plantes et je suis sĂ»r que ce sera plus confortable que l’étable.

    Pour revenir au sujet principal demon texte le partage de l’Avent je me suis dĂ©cidĂ© en collaboration avec ma grande amie Vanessa (Saveurs du Chef) de partager avec vous au moins une recette chaque semaine que vous pourrez rĂ©aliser pour un groupe d’amis ou seul.Certaines recettes demanderont Ă©ventuellement une connaissance niveau intermĂ©diaire en cuisine mais tout le bonheur de la bonne bouffe vient de la possibilitĂ© de partager le repas avec un ĂȘtre cher plus expĂ©rimentĂ© (moi en l’occurrence).Mesdames et messieurs Ă  vos cahiers de notes, Ă  vos fourneaux et faites plaisir Ă  votre palais :

    Pour 8 personnes :

    1 gros paquet de Fettucine                                   Du sel Ă  volontĂ©

     2 livres de crevettes                                             1 cuillĂšre Ă  cafĂ© de poivre   

    1 branche de poireau

    3 gousses d’ails

    Œ de fromage parmesan

    ÂŒ de fromage Kraft blanc                                                      

    1 petite boite de crĂšme fraĂźche

    1. Dans une marmite vous faites bouillir les fettucine, ajoutez-y le sel, l’ail et le poireau (pour les dĂ©butants il faut attendre que l’eau soit frĂ©missante avant d’y plonger les pates) selon les indications du paquet. Le temps de cuisson ne devrait pas
    2. dépasser 12-15 minutes mais chaque marque a ses particularités.
    3. Faites cuire les crevettes et faites les sauter en attendant la sauce.
    4. Laissez reposer les pates dans de l’eau glacĂ©e pour qu’elles ne collent pas durant la prĂ©paration de la sauce
    5. Dans une casserole faites fondre un morceau de beurre(margarine) dans la crÚme fraßche à feu moyen.Ajoutez du sel, du poivre selon vos préférences
    6. Ajoutez les fettucine et les crevettes à la sauce et le tour est joué.

    Na ban mwen nouvĂšl !

    Pour la recette numĂ©ro 2 suivez les Ă©tapes 1 Ă  3 , pour l’étape 4 ajoutez de la sauce Ragu Ă  la place de la crĂšme fraĂźche.

    P.S.Je découvre la plume de Flora Groult, nous causerons littérature en 2019.Des aubergines farcies ça vous tente ?Rendez-vous au prochain billet ! Je peux réaliser ces plats pour vous (à vos frais wiiiii) moyennant une bonne bouteille de vin !

  • OĂč commence l’infidĂ©lité ?

    Copyright E.Edward

    OĂč commence l’infidĂ©litĂ© ?

    Je me suis posĂ© la question toute la semaine aprĂšs une discussion haut en couleur avec un groupe d’amis. Il n’y a pas de rĂ©ponses fixes je vous le dit de but en blanc, chacun dĂ©finit ses propres rĂšgles.

    -ScĂ©nario 1-

    Dans le couple de S. par exemple ils se sont promis de ne pas aller voir ailleurs sans l’accord de l’autre, du coup pour elle si son compagnon se trouve Ă  cacher son portable elle se sentira non pas menacĂ© mais de prĂ©fĂ©rence mise de cotĂ©.Pour S. les hommes sont tous plus ou moins des chasseurs tĂŽt ou tard ils finissent par aller voir ailleurs question de booster leur Ă©go.

    J. quant Ă  lui est intraitable  « Depi madanm mwen nan ekri ak lĂČt nĂšg epi manzĂš ap ri mwen santim menase,se tronpe li pral tronpe m Â» mais monsieur est pris de cours lorsque sa compagne fait allusion au fait que lorsqu’ils sont en public il reluque d’autres femmes sans qu’elle ne se sente menacĂ©e pour autant. Elle avoue regarder des femmes aussi parce qu’elles sont des sources d’inspirations pour son look.

    J. et S. sont assez libĂ©raux dans leurs couples et la notion d’infidĂ©litĂ© est plutĂŽt fluide en fin de compte.

    -Scénario 2-

    Je l’ai vu venir et dĂšs le premier regard je lui ai dit dans ma tĂȘte je te voudrais bien,j’étais accompagnĂ© et je cherchais Ă  m’éclipser pour avoir son numĂ©ro de tĂ©lĂ©phone.Et  puis je t’ai regardĂ© et je me suis rappelĂ© que nous nous Ă©tions dits oui librement et sans contraintes. J’avais promis de tout partager avec toi et mĂȘme si dĂ©shabiller  quelqu’un d’autre du regard relevait du fantasme, nous sommes tous humains et nous avons tous des pulsions parfois difficiles Ă  contrĂŽler, c’était trahir en quelque sorte la promesse que je t’avais faite : la sincĂ©rité !

    -Scénario 3-

    J’ai effacĂ© le message que « cutie1234 Â» m’avait envoyĂ© rien de bien spĂ©cial mais je me suis dit que tu te ferais des idĂ©es et que ça nous mĂšnerait Ă  une Ă©niĂšme dispute que je tenais Ă  Ă©viter malgrĂ© tout. Je suis passĂ© Ă  ton boulot, j’avais prĂ©parĂ© ton plat prĂ©fĂ©rĂ© et je savais que la surprise te plairait nous Ă©tions le couple parfait Ă  la ville comme sur les rĂ©seaux. J’ai vu ton collĂšgue t’enlacer mais lorsque tu m’as embrassĂ© passionnĂ©ment dans ton bureau je me suis dit que je devenais parano. Nous sommes le couple comme il faut.

    ScĂ©nario 4 non on arrĂȘte un peu la fiction. Il y a moi, territorial comme lui seul et tous les principes sur la monogamie que je me tape tous les jours. Je dois avouer que la monogamie est un principe nouveau pour moi (j’étais trĂšs jeune et fou)auquel je m’adapte tant bien que mal et il y a aussi tout le respect que je cultive pour moi-mĂȘme et envers les autres qui me sert de garde-fou. Je ne suis pas parfait, mon intĂ©rĂȘt pour les visages et pour les corps n’est pas toujours artistique et je me serais permis toutes les folies certains jours, mais je crois que les engagements entre humains ont une valeur sacro-sainte. Oui je fais nunuche, vieux jeu  etc. j’aime Ă  l’ancienne avec tout ce que ça inclus. L’engagement sous-entend un minimum de respect de soi donc de l’autre. L’engagement sous-entend que nous sommes deux adultes conscients du choix que nous faisons. L’infidĂ©litĂ© peut ĂȘtre une broutille pour vous et ĂȘtre une affaire d’état pour votre partenaire. Il est facile de cĂ©der Ă  la tentation et de blĂąmer la faiblesse de la chair, le verre de trop etc. L’engagement en lui-mĂȘme est un acte de toute beautĂ© mais c’est aussi un mot lourd en responsabilitĂ©.La prochaine fois que vous voudrez faire un ti pa chat rappelez-vous qu’il y a aussi dans le mot « ENGAGEMENT »

    -Je te respecte du coup je ferai attention Ă  ne pas te blesser

    -Je ne te mettrai pas dans des situations embarrassantes

    -Je communiquerai

    -Je dirai la vérité

    Et pour vous oĂč commence l’infidĂ©litĂ© ?

  • Loving me..Loving you too!

    IMG_8208.JPGJe me suis donnĂ© toutes les Ă©chĂ©ances pour ne pas Ă©crire cette publication je m’étais dit que l’écrire formellement risquerait probablement de jeter un sort Ă  cette histoire toute fraiche mais en mĂȘme temps si riche. Mon manuscrit est prĂȘt ! Et je tergiverse avant de le soumettre Ă  l’éditeur pour avoir son avis, deux semaines ça doit ĂȘtre long non ? J’ai reçu un bon feedback des prĂ©-lectures. Certains auraient voulu une histoire plus longue mais moi je suis plutĂŽt histoire courte sans intrigues trop corsĂ©es, des histoires qui parlent de nous, de vous ou de moi. Des histoires banales au premier regard mais si riches en leçons de vie. J’imagine ce qu’un parent doit ressentir le premier jour Ă  la maternelle : une sensation entre le ravissement d’avoir un peu de temps pour soi et l’inquiĂ©tude concernant les petites habitudes de son nourisson.Du stress en permanence et des remises en question perpĂ©tuelles. Des fois que je presserais le bouton EFFACER de mon clavier et tout serait comme avant (mais non le manuscrit est sur tous mes clouds et il existe une copie en sĂ©curitĂ© chez quelqu’un).

    Je suis aussi excitĂ©, ce n’est pas ma premiĂšre publication mais c’est la premiĂšre fois que j’en fais une aussi sĂ©rieuse sans main pour censurer mes mots. Comme un grand quoi ! Et puis il y a cette histoire d’amour dans laquelle je me suis embarquĂ© en emportant mon cerveau avec moi. Une belle dose de SAPIO-SEXUALITÉ, oui en deux mots puisque des deux cĂŽtĂ©s je suis comblé :son intelligence est aussi belle que ses prouesses euh oui il y a des enfants qui lisent je devrais calmer mes ardeurs et revenir aux choses plus pudiques.

    Bon oui pour la vĂ©ritĂ© et pour l’histoire mwen pat vĂČlĂš menaj lĂČt la. Je n’ai pas fait mon enfant gĂątĂ© et je suis restĂ© dans les limites cordiales de l’amitiĂ© et je ne regrette pas le concours de circonstances qui a permis que je rencontre J. et qu’entre nous ça ait collĂ© si vite et si bien.

    Je ne lui ferai pas de dĂ©clarations aussi prĂ©somptueuses que celle de mon histoire prĂ©cĂ©dente. J’ai retenu la leçon et je prends les choses un jour Ă  la fois. Il n’y a pas d’histoire parfaite, tous les beaux sourires cachent parfois une dĂ©sespĂ©rance proche du suicide et je demande pardon si j’ai laissĂ© penser Ă  certaines personnes que ma vie Ă©tait parfaite, mieux que la leur. Non ma vie est tout aussi merdique que la vĂŽtre, c’est juste qu’à force de sourire tout le temps c’est devenu un rĂ©flexe de protection contre les « Tu dois ĂȘtre fort, met gason sou ou, Dieu y pourvoira etc ».Tu es tellement habituĂ© Ă  aller bien pour les autres que tu t’oublies et que tu n’entends pas sonner ta propre sonnette d’alarme. Je suis fort pour passer du coq Ă  l’ñne mais en Ă©crivant  je me suis soudainement rendu compte que moi aussi je jouais le jeu que la sociĂ©tĂ© voulait que je joue : tout va bien Madame la Marquise.Et fort souvent tout va mal, tout part en couille et tu te dis qu’un peu d’aide te ferait du bien mais en mĂȘme temps tu sais que tu ne seras pas compris et tu t’enfonces encore plus avant de te relever pour continuer la vie sinon c’est elle qui continue sans toi. Je  redemande pardon sincĂšrement Ă  toutes les personnes qui ont cru que je ne connaissais pas ces moments-lĂ . On tombe tous un jour le plus important est de se relever Ă  son rythme pas au rythme qu’on nous impose
Pardon !

    Et Ă  Toi que j’aime tendrement sans rĂ©serve, sans faux-semblants et sans peur du lendemain. Toi qui connais mes faiblesses,toi Ă  qui je parlerai dĂ©sormais les jours oĂč ça ira moins bien.Notre rencontre a changĂ© tous mes plans de cĂ©libataire et je ne peux que te remercier.

    Amoureusement tient,

    Georges

     

    PS: Avez vous vu les photos « Limye Rouj »? Sinon je suis sur instagram : @fotografgio

  • Sexfriend

    Copyrights:Google

    Sexfriend : Nom commun, masculin et fĂ©minin: Se dit de cette personne bien intentionnĂ©e qui nous dĂ©panne de temps Ă  autre durant les pĂ©riodes de disette Ă©motionnelle et sexuelle avec qui vous avez une entente tacite. Ne pas confondre avec le coup d’un soir qu’on ne rappelle pas voire mĂȘme qu’on oublie une fois notre coup tirĂ©.

    Le SEXFRIEND(SF)est une activitĂ© plus ou moins lucrative ne feignez pas la surprise, on a presque tous eu quelqu’un dans nos vies qui facturait ses visites comme si bon le plaisir Ă©tait pour vous et que elle ou il donnait une prestation digne de ce nom. Allez savoir d’oĂč vient cette idĂ©e saugrenue mais il est dĂ©montrĂ© qu’une fois sur trois SF est un ex/une connaissance et dans le pire des cas un/une collĂšgue. Je ne peux malheureusement pas trouver la dite preuve parce qu’il est 4h du mat lorsque j’écris ce texte et entre toutes les tĂąches que je vois Ă  mon agenda je suis pratiquement certain qu’à un moment ça va partir en couille et que je maudirai toute la cafĂ©ine que j’ai consommĂ© mais bon que voulez-vous ?Revenons surtout au sujet principal de notre histoire les enfants :SEXFRIEND !Initialement je voulais vous faire une liste genre magasine mais je prĂ©fĂšre rĂ©pondre Ă  certaines questions.

    OUI. Si vous ĂȘtes cĂ©libataire, vaccinĂ© ( e ),en bonne santĂ© et que dans la tĂȘte tout va bien et surtout que vous n’entretenez pas la flamme de qui que ce soit il vous faut un sexfriend parce qu’entre nous avoir quelqu’un sans chichi qui vous dĂ©panne en weekend ou un de ces soirs qui ramasse ses affaires aprĂšs et surtout qui vous laisse en extase est plus que necessaire.OUI il faut respecter SF parce que c’est fort probablement ce mec ou cette fille que vous avez longtemps friendzonĂ© qui vous dĂ©panne et puis bon on est pas sauvage et le respect et la politesse ne passeront jamais de mode.

    NON. On ne prĂ©sente pas (SF) aux amis, Ă  la famille premiĂšrement parce que ce n’est pas un trophĂ©e ou une nouvelle acquisition et parce que SF n’est pas un statut officiel ensuite vous ne voulez pas que les parents ou les bons amis vous demandent de ses nouvelles surtout lorsque vous etes cĂ©libataire depuis un certain temps et que le monde dĂ©sespĂšre de vous voir caser.

    OUI.Je pense important de dĂ©finir le type de relation,les rĂšgles au prĂ©alable ben oui parce qu’il y a eu des antĂ©cĂ©dents dans des couples que j’ai frĂ©quentĂ©s et que vous ne voulez pas avoir le trĂšs tentant titre de bourreau des cƓurs mais plus sĂ©rieusement parce qu’un engagement entre adultes doit ĂȘtre dĂ©fini en bonne et due forme pour qu’à la fin personne ne se sente lĂ©sĂ©.

    OUI. Tests de routine, VIH et RPR(le test pour la syphilis) parce que vous ne voulez pas tomber malade ou vice versa. Rassurer son partenaire sur son statut sérologique reste un geste responsable.

    OUI. Il faut prĂȘter attention aux signes que la relation devient trop sĂ©rieuse et si vous passez Ă  autre chose n’abandonnez pas SF comme la chaussette en boule qui tombe toujours Ă  cĂŽtĂ© de mon panier Ă  linge(dans ma tĂȘte je suis un as du lancer franc)

    Tous ces conseils sont optionnels mais je sais d’expĂ©rience comment une relation sans lendemain peut se compliquer et comme il vaut mieux tard que jamais je demande pardon Ă  toutes ces personnes que mon immaturitĂ© communicationnelle a dĂ» blesser et je sais qu’au fond de moi vous aussi vous demandez pardon, en plein carĂȘme le bon catho que je suis vous pardonne mĂȘme si au fond je vous ai enterrĂ© plus d’une fois. La vie est courte recrutez donc un sexfriend l’essayer c’est l’adopter (je ne sais plus qui a dit cette phrase mais elle n’est pas unanime) c’est presque le weekend amusez-vous bien et soyez sage !

  • Je ne veux pas grandir!

    Je ne veux pas grandir!

    Tout le monde me demande ce qui arrive Ă  Mon Grain de Sel, je suis dĂ©solĂ© de vous avoir faussĂ© compagnie pendant un certain temps mais M. et moi, nous sommes de retour Ă  nos facs respectives sans compter les activitĂ©s en dehors des Ă©tudes qui bouffent notre temps. NON il n’y a pas eu rupture, tout va bien dans le meilleur des mondes et je promets solennellement de ne plus vous laisser aussi longtemps sans nouvelles. Alors du coupe je partage un petit souci avec vous.

    Je me suis posĂ© la question plusieurs fois. Comment j’allais aborder mon problĂšme, un trĂšs grave problĂšme
 Je suis sĂ»r que vous voulez tous savoir de quoi je parle n’est-ce pas? Ensuite vous me rĂ©pondrez que vous ĂȘtes passĂ© par lĂ  aussi. Zut !!!

    Mon problĂšme il est d’ordre numĂ©ral (oui les chiffres) ! Bon d’accord, j’ai 27 ans depuis le 22 aout mais ça vous le saviez dĂ©jĂ  j’imagine. Mes amis commencent Ă  m’envoyer des invitations Ă  leur mariage, au baptĂȘme de leurs enfants et dans le pire des cas Ă  la premiĂšre communion de ces derniers. Jusqu’ici ça va, ben voilĂ  mon problĂšme c’est que je refuse de grandir. Ce n’est pas une mĂ©taphore je refuse VRAIMENT de grandir ! J’ai rĂ©cemment eu Ă  faire le calcul des factures Ă  payer pour le mois je me suis mis Ă  rire, bon c’est vrai que je ris tout le temps des obligations de la vie d’adulte parce que je prĂ©fĂšre en rire que de me faire des insomnies.

    J’ai rĂ©cemment rencontrĂ© une amie de la famille qui au lieu de me dire Ă  quel point j’avais bonne mine m’a dĂ©clarĂ© de but en blanc :

    -Il faut que tu aies un enfant Ă  ton Ăąge !!!

    En temps normal, j’aurais rĂ©torquĂ©. Puisque sa progĂ©niture Ă  elle est plus nombreuse et plus ĂągĂ©e que moi,je me suis contentĂ© de sourire et je lui ai sorti le blabla habituel : je ne suis pas encore prĂȘt, je cherche encore la future mĂšre de mes enfants etc. Toute cette mise en scĂšne a durĂ© probablement 15 minutes et j’ai maudit tous ces chauffeurs qui laissent leurs bureaux avant 16h.Lorsqu’elle est descendue du bus je n’ai franchement pas regrettĂ© son absence puisque les passagers derriĂšre moi avaient commencĂ© un dĂ©bat sur l’ñge idĂ©al pour avoir un enfant.Moi,il ne faut pas me saouler avec ces histoires, je sais dĂ©jĂ  que je veux des enfants  et je me suis fixĂ© certains objectifs avant d’en avoir comme par exemple obtenir mon master.

    Je comprends l’inquiĂ©tude de certains(les parents surtout) concernant l’absence d’enfants dans notre paysage mais bon on va ĂȘtre rĂ©aliste, nous ne sommes plus dans les annĂ©es 80-90 oĂč la vie n’était pas aussi chĂšre qu’aujourd’hui, je rĂȘve d’une belle maison prĂšs de la plage mais lorsque j’ai contactĂ© mon banquier j’ai rĂ©alisĂ© que je devrais travailler comme un damnĂ© le reste de ma vie pour rembourser intĂ©gralement l’emprunt  que la banque me ferait. J’étudie et je travaille en mĂȘme temps, parfois il m’est difficile de garder l’équilibre dans mes horaires ellt dans mes relations humaines.En plus de ne pas savoir comment Ă©lever des enfants en HaĂŻti .Je sais que mon histoire doit vous paraitre assez banale, puisque tĂŽt ou tard toutes les personnes de mon Ăąge pas encore casĂ©e ont droit au petit questionnaires, et je plains les femmes qui sont pratiquement harcelĂ©es pour savoir quand est-ce qu’elles seront prĂȘtes Ă  enfanter.De vous Ă  moi,les enfants viendront lorsque nous serons prĂȘts,merci  chĂšre sociĂ©tĂ© de vous inquiĂ©ter de notre sort mais nous sommes suffisamment vieux pour Ă©tablir notre propre timing de procrĂ©ation !

  • LA LISTE PRE-IRMA

    LA LISTE PRE-IRMA

    Irma, plus coriace que son cousin Matthieu, la dame promet d’ĂȘtre endiablĂ©e durant son passage. Hier au supermarchĂ© j’ai rĂ©alisĂ© que certaines personnes avaient pris au mot les nombreux avertissements diffusĂ©s en boucle via les rĂ©seaux sociaux : plus de pain car denrĂ©e non pĂ©rissable par excellence(mais il devient vert aprĂšs un temps non beurk).

    Je regardais ma liste, une toute petite liste de jeune personne vivant seul dans une grande maison et je me suis mis Ă  rĂȘver de la liste idĂ©ale pour quelqu’un de ma tranche d’ñge pendant que la ligne longue comme un jour sans pain, littĂ©ralement non. Et donc voilĂ  ma liste plus ou moins imaginaire et je vous avertit dĂ©jĂ  qu’elle n’engage que l’auteur du post et les gens qui se reconnaitront n’auront qu’à me remercier en privĂ©( j’accepte cash, chĂšque et les cartes de crĂ©dit).

    La Liste

    1-BAE dans mon cas ce sera Boobie

    Oui je place l’ĂȘtre aimĂ© en premiĂšre position parce que rien ne vaut un manteau humain durant les pĂ©riodes de grand froid et les catastrophes naturelles, et surtout parce que je voudrais vraiment que M.se dĂ©cide Ă  venir me rejoindre cet aprĂšm snif snif je vais avoir froid moi.

    2-Des préservatifs

    Ben oui parce que personnellement des enfants je n’en veux pas dans l’immĂ©diat et probablement parce que vous serez avec un partenaire pour vous rĂ©chauffez et que les enfants et les IST ne sont pas un truc Ă  prendre Ă  la lĂ©gĂšre

    3-De la nourriture non pĂ©rissable et de l’eau potable

    Parce que Food is Bae (allo Stevenson !) et que vous ne voulez pas mourir dĂ©shydrater !

    4-Du café et du thé

    Pour vous rĂ©chauffez si vous ĂȘtes seul chez vous et surtout parce que ce sont des denrĂ©es qui se partagent facilement.

    5-Du gaz propane

    Pour ceux qui ont un four chez eux et qui savent cuisiner et aussi pour ceux qui peuvent faire bouillir des pñtes et cuire un Ɠuf.

    6-Des allumettes,des bougies,des piles électriques,une lampe torche

    Le temps est couvert, et par mesure de prĂ©caution l’électricitĂ© sera coupĂ©e (mezanmi se pa komsi nou konn gen kouran pase sa tou) il vous faudra une source de lumiĂšre pour vous dĂ©placer dans la maison ou l’espace dans lequel vous serez.

    7-De l’alcool !

    Et oui  en septiĂšme position, sept le chiffre parfait ! Hier j’étais ravi de voir que je n’étais pas le seul Ă  faire le plein d’alcool : dans mon cas du vin (3 bouteilles) et du rhum. Mais ne vous gĂȘnez pas ! Approvisionnez-vous en alcool de votre choix je dis toujours qu’on en a jamais assez.

    Mais bon trĂȘve de plaisanterie ! Je vous prie de bien vouloir prendre au sĂ©rieux tous les avertissements que la presse que votre entourage vous donneront. Irma est un ouragan de catĂ©gorie 5 et il est imprudent de sous-estimer les impacts du dit cyclone

    De vous Ă  moi « Prekosyon pa kapon Â» restez au chaud et aprĂšs le passage d’Irma soyez disposĂ©s Ă  venir en aide Ă  ceux qui auront Ă©tĂ© victimes de ses frasques.

     

    PS :Je vous laisse en copie les numĂ©ro d’urgence.

    Téléphone des Commissariat ou sous Commissariat de Port-au-Prince
    Appelez en cas d’urgence.
    1-Carrefour Tel: 38161111
    2-Martissant Tel: 37177070
    3-Port au prince Tel: 39421111
    4-Delmas 3 Tel:33309191
    5-Delmas 33 Tel: 38241111
    6-Delmas 62 Tel: 37040475
    7-Pétionville Tel: 37150163
    8-Calvaire Tel: 33308737 9-Vivy Michell Tel: 36849123
    10-Pernier Tel: 36465656
    11-Crois des bouquets Tel: 38261111
    12-Cazeau Tel: 22282213/ 37725360
    13-Bon repos Tel: 48341964
    14-Canaan Tel: 37837765
    15-Duvivier Tel: 38470301
    16-Morne a Cabrit Tel: 33306860
    17-Cro Tel: 38361111/22241111
    18-Base DDO Tel: 38201111/38211111
    19-Cimo Tel: 38221111
    20-UDMO Tel:  33361313

  • Territoires perdus

    Je suis rĂ©cemment parti en voyage professionnel Ă  travers ce que l’on appelle souvent les territoires perdus. Nous avons tendance Ă  imaginer ces zones de non-droit comme des dĂ©serts, des espaces sans vie, vidĂ©s d’ordre et de sens.

    Ce voyage, je le prĂ©parais depuis des semaines. En tant qu’activiste engagĂ© dans un projet binational, j’étais impatient de sortir de la routine — ça faisait bien trop longtemps que j’étais coincĂ© dans la capitale. Mais au-delĂ  de ça, j’étais curieux. Curieux de ressentir ce que cela fait de traverser des zones que beaucoup considĂšrent comme abandonnĂ©es,ou perdues.

    Une fois l’itinĂ©raire confirmĂ©, je suis tombĂ© dans ma spirale habituelle de et si ?. Probablement la raison pour laquelle personne dans ma famille n’avait Ă©tĂ© averti que je quittais la ville. Un samedi matin, une amie — en route pour la France — et moi, avons pris un bus pour Ouanaminthe, une ville proche de la frontiĂšre dominicaine. Le trajet allait durer au moins six heures. On ne savait pas trop Ă  quoi s’attendre.

    À peine sortis de Port-au-Prince, un homme s’est levĂ© et s’est prĂ©sentĂ© comme une sorte de reprĂ©sentant de la compagnie de bus. Il est allĂ© droit au but. Il a annoncĂ© que nous entrions dans une zone “rouge”, oĂč les tĂ©lĂ©phones portables et autres appareils Ă©lectroniques susceptibles de localiser les “techniciens” sur la route Ă©taient strictement interdits. Il a dit, presque calmement :

    « Si quelqu’un est repĂ©rĂ©, le bus peut ĂȘtre arrĂȘtĂ©, et la personne invitĂ©e Ă  poursuivre ses activitĂ©s avec les techniciens. »

    J’ai eu le souffle coupĂ©. Dans quoi est-ce que je m’étais embarquĂ© ?

    Mon amie et moi, nous nous sommes regardĂ©s puis on s’est serrĂ© la main un instant. Nous avons ri nerveusement Ă  quelques blagues douteuses de l’homme, qui a fini par avouer qu’il Ă©tait en fait un dĂ©marcheur — chose courante dans les transports en commun haĂŻtiens. Ses paroles m’ont troublĂ©, mais c’est surtout sa prĂ©sence qui m’a empĂȘchĂ© d’observer la route, de voir si un “technicien” surveillait, visait, attendait.

    À un moment, j’ai dĂ©crochĂ©. J’étais perdu dans mes pensĂ©es.

    Au moment oĂč j’écris ces lignes, mon cƓur bat Ă  toute vitesse. Un quartier pas loin du mien vient de tomber. Les gens fuient dans tous les sens, sans destination prĂ©cise. Je suis paralysĂ©. Est-ce que je reste pour dĂ©fendre ce qui m’appartient ? Ou suis-je, moi aussi, l’un de ceux qui doivent tout abandonner ?

    Je dois sembler superficiel Ă  ceux qui ne me connaissent pas, mais cette maison — ce n’est pas juste une maison. C’est celle que ma mĂšre a construite de son salaire pas terrible,elle a imaginĂ© chaque piĂšce. Je l’ai hĂ©ritĂ©e Ă  sa mort. Je l’ai lentement transformĂ©e en un cocon qui correspondait Ă  mes besoins,j’ai soigneusement choisi les tableaux et les photos qui ornent les murs.Je connais chaque livre de ma bibliothĂšque par coeur.

    J’ai dĂ» faire une pause entre le dĂ©but et la fin de cet article. Des gangs ont envahi un quartier voisin. J’ai grandi entre Delmas 19/29 et Delmas 33, et je vois aujourd’hui des gens que je connais depuis toujours courir pour sauver leur peau avec de petits sacs dans lesquels ils ont mis Ă  la va vite toute une vie.

    Je dois partir.Je déteste cette idée mais je finis par accepter la fatalité de la chose.

    Si vous ĂȘtes familier au mot “TransbĂČde”, vous pouvez sans doute imaginer l’enfer du voyage entre Port-au-Prince et ElĂ­as Piña, puis jusqu’à Santo-Domingo. Le poids Ă©motionnel, physique, psychologique.

    Aujourd’hui, l’avenir est incertain pour ceux qui vivent encore Ă  Port-au-Prince, et pour les migrants haĂŻtiens Ă  travers le monde. Chaque choix est un pari. Rester ou fuir ? Parler ou se taire ? EspĂ©rer ou se prĂ©parer Ă  l’effondrement ? Pour beaucoup, survivre ne signifie plus vivre — mais juste tenir. Et pour ceux qui ont fui, l’exil a ses propres blessures : la culpabilitĂ©, la nostalgie, la peur constante que ce qu’ils appelaient “chez eux” ne soit plus qu’un souvenir.

    PS: Au moment oĂč vous lisez ce texte la ville de Mirebalais a Ă©tĂ© attaquĂ©e par un gang de la coalition Viv Ansanm,des milliers d’habitants sont en fuite et plusieurs personnes ont Ă©tĂ© tuĂ©es parmi lesquelles deux religieuses.

  • En chute libre

    Chers lecteurs, chĂšres lectrices,

    Ce blog, habituellement lĂ©ger, prend aujourd’hui un ton plus sĂ©rieux. Hier, nous avons tous vu les États-Unis choisir leur leader et mettre en danger les droits des femmes et des personnes minorisĂ©es vivant sur ce territoire. Les États-Unis ne vous aiment pas, les États-Unis ne nous ont jamais aimĂ©s. Rien ne m’étonne ; cela fait Ă  peine un siĂšcle que les personnes afro-descendantes ont obtenu des droits civiques et politiques.

    Cette page d’histoire est un rappel que les États-Unis ont toujours Ă©chouĂ© Ă  protĂ©ger ceux qui en avaient le plus besoin. Loin d’ĂȘtre un choix anodin, c’est un signal d’alerte pour les autres pays, en particulier ceux avec des groupes politiques radicaux et pour ceux qui luttent pour le bien-ĂȘtre.

    Les États-Unis ont encore une fois choisi d’élire le clown de service, aprĂšs avoir pris plusieurs pays d’AmĂ©rique Latine comme cobayes (nous avons eu notre propre clown qui a siphonnĂ© les fonds PetroCaribe avec sa clique). L’ingĂ©rence des États-Unis dans les affaires d’autres nations n’est plus Ă  prouver. Oui, je suis dĂ©solĂ© pour les personnes que j’aime qui vont probablement vivre quatre annĂ©es de terreur, mais ce pays a le leader qu’il mĂ©rite, et je le rĂ©pĂšte : l’homme caucasien hĂ©tĂ©rosexuel n’est pas votre ami.

    “Je suis parvenu Ă  une triste rĂ©alisation : trop de HaĂŻtiens aujourd’hui ont perdu de vue ce que reprĂ©sente HaĂŻti dans ce monde, ce que cela signifie vraiment d’ĂȘtre HaĂŻtien. Il est Ă  la fois dĂ©chirant et profondĂ©ment troublant qu’en 2024, les descendants de Makandal, Dessalines, Marie-Claire Heureuse, et SanitĂ© BĂ©lair puissent soutenir ou mĂȘme envisager des idĂ©ologies ancrĂ©es dans la suprĂ©matie blanche. Cette trahison rĂ©sonne non seulement en HaĂŻti mais dans toute la diaspora.” — Orlando AurĂ©lien

    Ma douleur vient de cette diaspora qui, forte de ses privilĂšges supposĂ©s, a choisi de voter contre les immigrants. Je vous mĂ©prise ; vous faites honte Ă  Dessalines, aux Marrons libertaires, Ă  Makandal, Ă  votre ancĂȘtre qui a survĂ©cu dans les cales des nĂ©griers, Ă  votre ancĂȘtre boat-people, Ă  cet ancĂȘtre qui a Ă©chappĂ© Ă  la dictature. L’homme blanc n’est pas votre ami.

    Je hais, je mĂ©prise et je maudis toutes les personnes et leur descendance pour leur participation supposĂ©e ou avĂ©rĂ©e au dĂ©clin de ce pays que j’aime. J’irai danser sur vos tombeaux.

    Restons unis, vigilants et solidaires.

  • Free falling

    Dear readers,

    This blog, which is usually light-hearted, takes on a much more serious tone today. Yesterday, we all watched the United States choose their leader and endanger the rights of all uteruses and marginalized people living within its borders. The U.S. does not love you; the U.S. has never loved us. Nothing surprises me; it’s been less than a century since Afro-descendants were granted civil and political rights.

    This chapter of history serves as a reminder that the U.S. has always failed when it came to protecting those who needed it most. Far from being an innocent choice, it is a warning to other countries, especially those with radical political movements, and to those fighting for the well-being of all people.

    The U.S. has once again chosen to elect the clown-in-chief, after using several Latin American countries as guinea pigs (we had our own clown who siphoned off PetroCaribe funds with his gang). The U.S. interference in the affairs of other nations speaks for itself. Yes, I’m sorry that some people I love will likely endure four years of terror, but that country has the leader it deserves. And I repeat, the white heterosexual man is not your friend.

    “I have come to a sobering realization: too many Haitians today have lost sight of what Haiti stands for in this world, what it truly means to be Haitian. It is both heartbreaking and deeply disturbing that, in 2024, descendants of Makandal, Dessalines, Marie-Claire Heureuse, and SanitĂ© BĂ©lair could support or even entertain ideologies rooted in white supremacy. This betrayal echoes not just in Haiti but across the diaspora.” – Orlando Aurelien

    My pain comes from this diaspora that, fortified by their supposed privileges, chose to vote against immigrants. I despise you; you bring shame to Dessalines, to the libertarian Maroons, to Makandal, to your ancestor who survived in the holds of the slave ships, to your boat people ancestor, to the ancestor who escaped the dictatorship. The white man is not your friend.

    I hate, despise, and curse all those who, through their actions—whether assumed or proven—have contributed to the decline of this country I love. I will dance on your graves.

    Let us remain united, vigilant, and supportive.

  • Je me choisis

    Another mirror selfie

    Nous sommes Ă  trois semaines de mon anniversaire et comme chaque annĂ©e c’est une opportunitĂ© pour moi de regarder en arriĂšre et d’évaluer mon parcours. L’annĂ©e de mes trente-trois ans aura Ă©tĂ© un cumul de leçons apprises Ă  la dure mais aussi des moments exaltants oĂč j’ai cochĂ© plein de cases Ă  ma liste.

    Je repense encore Ă  ce 31 juillet 2023 ou j’avais l’impression de tomber dans un fossĂ© sans aucune branche Ă  laquelle je pourrais m’accrocher pour ne pas atteindre le fond et je repense aussi Ă  tout l’élan d’amour que j’avais reçu, aux larmes que je m’étais autorisĂ©e et a cette volontĂ© fĂ©roce d’en finir avec cette situation inconfortable. Ou encore au 28 septembre 2023 ou dans le chaos ambiant je prenais le chemin de l’aĂ©roport avec toute une vie dans deux mallettes et mon retour incertain et puis je ris aussi de tout ça de ce besoin ancien de tout contrĂŽler, de cette illusion que tout irait comme je voulais que ça aille. Ces expĂ©riences aussi pĂ©nibles qu’elles aient Ă©tĂ© restent des leçons de vie que je chĂ©ries.

    Pour cet anniversaire je veux consciemment me choisir aprĂšs des annĂ©es Ă  prioriser les besoins des autres avant les miens, aprĂšs des annĂ©es Ă  ĂȘtre au premier rang de la vie des autres et au fond de la salle quand il s’agit de moi. Oui je sais que sous mes airs sereins plusieurs d’entre vous pensent souvent que j’ai ma vie sous contrĂŽle, mais non parfois c’est le chaos absolu dehors comme dedans et c’est probablement que je sois tellement habitue Ă  gĂ©rer des situations difficiles que je sache si bien jouer le jeu.

    J’écoute en Ă©crivant une vidĂ©o d’Alex Elle, une auteure que j’aime bien et je suis interpellĂ© par son message qui est comme une note mentale qui m’est adressĂ©e : je suis plus que le fils de, le pĂšre de, le frĂšre ou l’ami de je suis avant tout MOI et j’ai besoin de prendre soin de cette personne avant de m’en aller combattre le dragon des autres.

    A bientĂŽt trente-quatre ans je me sens plus que jamais confiant en ma capacitĂ© Ă  prendre soin de moi, Ă  prendre les dĂ©cisions qui me seront favorables, Ă  ĂȘtre un bon ami, frĂšre et confident mais par-dessus tout je veux continuer Ă  ĂȘtre un bon compagnon et un bon pĂšre.

    Et tant pis pour le temps qui court tant qu’on peut aimer Ă  la folie.❀

    😂😂😂😂😂😂😂
  • Voyager : Queer et racisĂ©

    J’aime les voyages et prendre l’avion est un kif. En tant que personne queer racisĂ©e, je sais que les voyages ne sont pas de tout repos. DĂ©jĂ  que je n’ai pas le bon passeport, malheureusement, les passeports haĂŻtiens, africains et caribĂ©ens ont la rĂ©putation de prendre racine lĂ  oĂč ils vont.

    Ma petite heure d’attente s’est vite transformĂ©e en douze heure de layover, la faute Ă  ce fameux bug informatique qui m’a permis de visiter l’aĂ©roport et ses nombreux magasins si j’ai retenu une chose des voyages c’est que la plupart des aĂ©roports facilitent la vie aux voyageurs contrairement Ă  la rigueur en cours dans les aĂ©roports amĂ©ricains.

    Je ne suis pas non plus Ă©pargnĂ© du profilage racial. Je faisais mon exercice prĂ©fĂ©rĂ© dans les aĂ©roports, lorsque j’ai remarquĂ© que “l’homme blanc”, reprĂ©sentant de vente,me suivait un peu partout, comme s’il s’attendait que je prenne la fuite parfum Ă  la main.

    J’ai voulu en rire et je me suis rappelĂ© qu’à Londres j’étais un inconnu et qu’en tant que personne racisĂ©e j’étais dans sa tĂȘte d’homme blanc « un des leurs ». Heureusement que, contrairement Ă  l’agneau de la fable, je ne me suis pas perdu en explications.

    Je suis retournĂ© au mĂȘme magasin et je me suis fait servir par quelqu’un d’autre. J’y ai dĂ©pensĂ© une belle somme, par amour des parfums mais aussi par ego pour bien lui montrer que je pouvais certainement m’offrir ce qui me faisait plaisir.

    Voyager, c’est aussi accepter de vivre ces moments oĂč on est retenu plus longtemps pour que vos documents soient scannĂ©s une seconde fois, c’est rire dans son cƓur quand un officier noir vous dit je ne connais pas HaĂŻti.

    Voyager c’est aussi se faire jauger et se sentir dĂ©paysĂ© de voir autant de personnes blanches pleines d’elles-mĂȘmes. Se faire piĂ©tiner et bousculer et dire tout haut le fameux ZKKLGMMW.

    Lorsque j’ai commencĂ© Ă  Ă©crire ce texte je vivais mon pĂ©riple Ă  fond et je pensais ĂȘtre au bout de mes peines c’était sans compter mon arrivĂ©e tardive Ă  Munich et mes bagages qui n’étaient pas au rendez-vous.

    Je m’inquiĂšte un peu il est minuit passĂ©e et la facture de taxi salĂ©e va vite me ramener Ă  mon projet le plus important, une bonne nuit de sommeil pour me reposer de ce long pĂ©riple

    Voyager, c’est aussi vivre ces moments oĂč l’on se sent observĂ©, jugĂ©, voire mĂȘme accusĂ© sans raison. C’est un dĂ©fi de chaque instant, un exercice de patience et de rĂ©silience. Chaque aĂ©roport devient une scĂšne oĂč se joue une piĂšce dont on est Ă  la fois l’acteur et le spectateur. Pourtant, malgrĂ© les regards lourds de suspicion, je ne renonce pas Ă  mon plaisir de dĂ©couvrir le monde.

    Un des voyages les plus marquants de ma vie, a Ă©tĂ© ma visite de Johannesburg en 2023.L’officiĂšre de l’immigration avait juste regardĂ© la premiĂšre page ainsi que le visa et elle s’est contente de me sourire et de me souhaiter un bon sĂ©jour.

    Je passe ma journĂ©e du samedi en toute sĂ©rĂ©nitĂ© Ă  faire les magasins je sais que je pourrais mais je me retiens de marcher tout nu dans Munich, mon magnifique corps d’athlĂšte attirerait trop de regards. Le dimanche matin j’ai le stress de ma vie je prĂ©sente devant une salle comble, Ă  la fin de la prĂ©sentation : tonnerre d’applaudissements. Je jubile et le reste de la journĂ©e se passe comme un charme pis lundi matin comble de bonheur :mes bagages sont LÀ.

  • 48 pounds, Infinite Adventures: A Heartfelt Tale of My Thrilling Five-Week Odyssey in the USA.

    48 pounds – that’s how much my life packed into a suitcase headed for Miami! But this wasn’t your typical vacation or family visit. I brought along cookbooks, my trusty camera, and just a few clothes. More than that, I carried with me my weariness, confusion, and the sadness of mourning, all mingled with the excitement of the unknown awaiting me in the USA.

    Let’s rewind to the first week – a bit of a blur with the mix of emotions and an abundance of alcohol to face the farewell of our family’s matriarch. She was not just an aunt but the dearest friend of my late grandfather, someone I came to know and love through her memories, now treasured as my own. Public speaking, even through the grief, became a part of my journey, surrounded by the love of cousins, an embrace from the Universe that transcends our differences.

    Week two was a whirlwind of paperwork and the urgent need for a phone. Enter MINT Mobile, my budget-friendly savior. Amid filling out countless job applications, I delved into the world of immigration forms, fueled by the determination to seek asylum. As I poured my heart into these applications, Chat GPT played editor, helping me navigate a language that isn’t my native one – « Mwen pap al monte mal sou li. »

    Week three – a certainty that lawyers and translators might just drive me bonkers! Yet, as patience became my ally, I explored the neighborhood, relishing long walks that had been absent from my life in Haiti. Margate became my new stomping ground, where I learned the community’s rhythm through barks and got familiar with the routine of Ken and Karen. Dodging prying questions about Haiti, a country etched into every fiber of my being, I chose to express it through my accent and the tunes that echoed during my walks.

    By week four, my journey took a detour to buy winter clothes for the cold. Plans for a fresh start in New Jersey hit a snag, but undeterred, I discovered Hamburg and the chilly weather that demands respect. J., our dashing neighbor, and his returning ex added some unexpected drama to the mix. Amidst laughter with M and Z, virtual meetings with lawyers, and the stress of a sick relative back in Haiti, I contemplated Canada and found solace in Newton’s sidewalks and crosswalks.

    Week five – a turning point. A heated argument led me to pack my essentials and head to Newark in the pouring rain. Fighting exhaustion, I joined cousins in Long Island, nearly fainting multiple times. A hearty lunch revived me, and a journey on the Purple Line brought me to Central Islip. The Day of the Dead prompted a trip to the cemetery to honor my friend Pascal. Unexpectedly, I received a call that reshaped my plans – a new job in Haiti with hybrid work options. With a renewed spirit, I treated myself and headed to « The City » to be a tourist in New York.

    Week six was a joyous return to the vibrant chaos of New York – a dream come true for the child in me who grew up surrounded by adults who often didn’t understand. Now, as I embarked on a pilgrimage of museums and churches, I relished every moment in the city that never sleeps.

    Week seven – November 8, 2023, marked the beginning of a new chapter, La Perle La Perle. With all the initial uncertainties, I couldn’t help but feel the excitement building, making this part of my journey more enticing than ever!

  • Farewell

    Life can take unexpected turns, and sometimes we are caught off guard. A week ago, my world was shaken when I lost a dear friend of over 10 years and my dad became the victim of a kidnapping attempt, during which he was shot twice. I didn’t find out until the next morning, and the shock was overwhelming.

    I never thought I would have to grieve the loss of this particular friend, despite our ongoing jokes about how he was older and would go before me, and all the things I would do to make sure he woke up so he could whoop my ass. I also never imagined my dad on a hospital bed, looking so vulnerable and fragile. My dad had always been a symbol of strength and power to me, but that day he was just a father in pain, worrying about his kids. And the absence of Pascal, my friend, made it all the more painful.

    Pascal was no longer here to give me straightforward advice on how to navigate being the illegitimate son of a married bourgeois de grande famille. We would have laughed about the situation, and he would have eventually said, « Hey, you’re a man, and you’ll figure it out in due time. » That’s who my friend was: a man down to earth when it came to solving problems, but with his head in the clouds when it came to creativity. Despite our different backgrounds and social circles, Pascal and I merged our passion for the arts, and it became the foundation of our friendship.

    We were atypical, but we were fueled by love: our common passion for the arts, his love for my late mother, my love for his mother and kids, and the friends we brought together through our collaborations. Pascal was my guardian angel during his earthly journey. He was far from perfect, but he was a good person who had his ups and downs. He failed a few projects, but he always did his best and learned from his mistakes.

    A man of honor

    I could go on and on about my dear friend Pascal and the many things he taught me during our time together. He was no saint, but he was far from being a bad human being. Now, I take comfort in the thought that he is reunited with other angels who have gone before us. I can almost hear them now, laughing and enjoying their reunion. Pascal, behave up there! Don’t give me a reason to lecture you, as you used to call my mean text era. I love you, brother. Thank you for being the best brother, guide, counselor, solution maker, and uncle to Jade Zuli. You are missed, but we will always cherish the memories we have of you. Sleep easy, my friend.